Romans — Afrique

Les Bannis du grand masque

Langue : français

Auteur : Hattita Hino
Lieu d'édition : Abidjan
Éditeur : Vallesse
Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 212 p.
Format : 21 x 14 cm
ISBN : 978-2-916532-85-1
Âge de lecture : À partir de 13 ans
Prix : 3500 FCFA

Attita Hino est une écrivaine ivoirienne. Elle a reçu le grand prix national du Jeune écrivain et la mention spéciale au prix Ivoire en 2014, pour Le grand masque a menti, dont ce roman est la suite.

L'histoire se déroule dans la seconde moitié du XIXe siècle, puisque il y est fait usage d'un phonographe à manivelle, lequel a été mis au point en 1877 par Thomas Edison, et probablement avant 1893, date où la Côte-d'Ivoire devient colonie française, puisque on y voit des Anglais s'y établir pour exploiter les ressources naturelles du pays.

Dibahou est accusé à tort de sorcellerie par le Grand Masque, et il doit s'exiler avec sa mère, ses deux épouses et ses amis. Ils ont tous vécu isolés jusque-là dans un périmètre restreint, et c'est donc pour eux l'occasion de découvrir le vaste monde et ses étranges habitants. Leur voyage les amène au bord de la mer, toute nouvelle pour eux, et ils s'y établissent pour fonder une communauté heureuse, jusqu’au jour où arrive dans la baie une « maison qui vogue sur son toit », et ses marins à la peau « couleur de peau de poyo », c'est à dire de peau de banane. Ce sont des Anglais, amicaux et généreux, et l'on procède avec eux à force libations et échanges de cadeaux. Dibahou et ses compagnons n'en sont que plus déçus quand le bateau s'éloigne en emportant deux enfants du village. Heureusement, on les verra revenir six ans plus tard, tout cela n'étant qu'un malentendu. Avec leur aide, Dibahou pourra démasquer et châtier le Masque menteur, et tout le monde se mettra à l'œuvre pour développer l'économie de la région.

La narration est pleine de détails précis sur la culture locale, tant dans ses aspects pratiques que dans ses conceptions religieuses, sans que ce soit jamais pesant. Les relations entre les personnages sont décrites avec beaucoup de finesse, en particulier la tendresse pleine d'humour qui unit Dibahou et sa première épouse. Contrairement à beaucoup de fictions historiques africaines, le contact avec les Européens est ici vu de façon très positive. Il est vrai qu'il s'agit d'Anglais venus faire du commerce, et non des futurs colonisateurs français...

Un bon roman historique pour lecteurs confirmés.

CR