Bandes dessinées — Afrique

Coup de cœur

Migrant

Langue : français

Auteur : Eoin Colfer, Andrew Donkin
Illustrateur : Giovanni Rigano
Traducteur : Pascal Bataillard
Lieu d'édition : Vanves
Éditeur : Hachette comics
Année d'édition : 2017
Nombre de pages : 151 p.
Illustration : Couleur
Format : 27 x 18 cm
ISBN : 978-2-01-290553-5
Âge de lecture : À partir de 15 ans
Prix : 17,95 €

Cieln, mer et sable se confondent dans des tons bleu nuitt. On devine un groupe

Cette bande dessinée, dont le narrateur est un pré-adolescent ghanéen orphelin, s’inspire des périples de migrants relatés par les médias, et rappelés vers la fin de l’ouvrage par un bulletin radio diffusé en Angleterre. Le jeune Ebo, sans nouvelles de son grand frère Kwame et de sa sœur aînée Sisi, partis avant lui « dans l’espoir d’une vie meilleure en Europe », décide de partir à leur recherche. Le récit, très bien construit et divisé en dix-sept chapitres, se superpose à un graphisme de grande qualité. Il permet de suivre le jeune garçon d’abord à Agadez, où il retrouve son frère, puis dans sa traversée du Sahara et jusqu’en Libye où les garçons retrouvent brièvement leur sœur. Ebo et Kwame traversent ensuite la Méditerranée mais seul Ebo arrivera en Italie. De là, il passera en France avant d’arriver en Angleterre où il retrouvera enfin sa sœur. À chaque étape, le jeune migrant devra s’arrêter un temps pour économiser la somme nécessaire à la poursuite de son voyage, et rencontrera de multiples obstacles. Les auteurs ont choisi de naviguer entre présent et passé d’un chapitre à l’autre ; les couleurs s’accordent aux états d’âme du personnage principal. Chaque étape, quelle qu’elle soit, voit les difficultés se succéder: chômage et hostilité des locaux, violence et insensibilité des passeurs, hostilité des éléments. Hommes, femmes et enfants font face à des obstacles auxquels ils n’étaient pas préparés et dont les auteurs n’éludent rien de la rudesse – faim, soif, violence et morts à répétition. Dès la première étape, le narrateur reconnaît le fossé entre la nouvelle vie dont il rêvait et la dure réalité. À la fin du récit, les auteurs concluent que, si « tous ont leurs raisons de se lancer dans ce terrible voyage », « ce n’est pas un périple à prendre à la légère ». Le récit d’Ebo est suivi d’une carte retraçant son voyage depuis le Ghana et du témoignage, bien réel, lui, d’Helen, partie d’Erythrée à douze ans et qui a fini par arriver seule en Angleterre via le Soudan et la Libye. Le fait que cette bande dessinée ait reçu le soutien de plusieurs ONG travaillant aux côtés des migrants est un gage de la valeur testimoniale des récits et des épreuves endurées par Ebo.

FU


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